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samedi 5 février 2011

110130 Vers la capitale...

Plus de photos et le parcours géolocalisé en cliquant sur le titre ou la carte ci-dessous.




Après le petit déjeuner sur le toit de notre hôtel, nous réservons des places dans un bus en direction de Phnom Penh, départ à 11h, qui se fera finalement dans un autre bus, à 11h30. A cette occasion, nous apprenons que le nouvel an chinois (année du lapin) aura lieu le 2 février. Beaucoup de magasins seront  alors fermés, car la plupart sont tenus par des Chinois.
 


Nous sommes les seuls occidentaux dans le bus, climatisé et plutôt confortable. Tout au long du trajet, qui dure 5 heures, nous nous arrêtons pour embarquer ou débarquer des passagers.

 Bon appétit...


Deux arrêts lunch - pipi sont aussi effectués avec des stands de nourriture chaude ainsi qu'un petit marché un peu différents des nôtres.
 


Le paysage défile et commence à changer lorsque nous nous approchons de la capitale. Phnom Penh est la plus grande ville que nous visiterons, et cela se voit des kilomètres avant: la circulation devient très dense, il y a des scooters partout et cela semble assez anarchique. Le code de la route n'est visiblement pas le même, nous nous demandons comment cela fonctionne, car les carrefours ne sont pas toujours dotés de feux de circulation. Et pour les piétons, traverser la route semble mission impossible. Impressionnant!


Par chance, notre hôtel, le Blue Tongue, n'est pas loin de la station de bus, et nous effectuons le trajet à pied, ignorant les sempiternelles demandes des chauffeurs de tuk tuk.
 


Pour le repas du soir, nous ne souhaitons pas trop nous éloigner pour ne pas avoir à nous balader dans les rues la nuit (le lonely planet déconseille de se balader avec un sac à dos, potentiel signe de valeurs embarquées et facilement repérable). La réception de l'hôtel nous conseille le Romdeng, situé tout près (et que notre guide de voyage annonçait fermé le dimanche). Il s'agit d'un établissement qui fait partie d'un groupe de restaurants (Friend's) tenus par une association caritative. Dans celui-ci, les serveurs sont d'anciens enfants des rues qui sont formés aux métiers de l'hôtellerie. Et c'est une excellente surprise: le cadre, un jardin entourant une belle maison, est somptueux et la nourriture khmère est excellente. Mais nous n'avons pas le courage de goûter à la spécialité maison: les tarentules frites!


110129 Longue et sinueuse croisière

Encore un réveil aux aurores! Ou presque, puisque c'était plutôt 5h30 que 4h30 comme ces derniers jours. Le patron, qui dormait dans la chambre d'à côté, s'est levé exprès pour nous dire au revoir. Très sympa!

Plus de photos et le parcours géolocalisé en cliquant sur le titre ou la carte ci-dessous
 


Après avoir fait le tour de la ville en minibus pour emmener tous les passagers pour Battambang, nous mettons le cap vers le port, situé près d'un village flottant. Il y a du monde, et un premier bateau est déjà presque plein lorsque nous arrivons. Du coup, nous embarquons dans celui qui se trouve à côté, avec des bancs latéraux. D'autres passagers arrivent et le bateau se remplit petit à petit.


C'est là que nous remarquons que la coque au-dessous de nos pieds a une fâcheuse tendance à laisser passer d'importants filets d'eau! Vu la longueur du trajet (entre 5 et 9 heures selon le guide, en fonction du niveau de l'eau) et la quantité d'eau qui rentre, nous sommes d'avis que nous allons finir le trajet en sous-marin! Heureusement, il y a une pompe qui fait la vidange au fur et à mesure, ouf!

Le premier bateau s'en va, et nous le suivons de quelques minutes en nous dirigeant vers le Tonlé Sap. Sur ce dernier, un petit vent de côté provoque quelques vaguelettes qui finissent par nous mouiller généreusement. Nous avons nos vestes de pluie, mais elles finiront détrempées par endroit, l'eau glissant sur le banc; les fesses seront aussi mouillées...
 


L'école, bâtiment offert par l'Unicef


Nous retrouvons ensuite le cours d'eau qui mène à Battambang, le Sangker, large et bordé de magnifiques villages flottants. Nous nous arrêtons d'ailleurs dans l'un d'entre eux pour changer une pièce insignifiante du bateau (l'hélice!). Soudures et coups de marteau plus tard, nous repartons, en espérant ne pas avoir d'autres soucis mécaniques.

 Une villageoise fait des offrandes à un moine que l'on voit dans le reflet de sa sébile

 Le marché aux légumes à domicile

Réparation de la quille et changement de l'hélice

A mesure que nous progressons, nous constatons que la rivière se rétrécit petit à petit. C'est la saison sèche, il n'y a plus de précipitations pour alimenter les rivières et le niveau de l'eau est très bas. Nous effectuons une nouvelle pause dans un petit village, où nous pouvons débarquer pour acheter un peu de nourriture. Cela fait déjà cinq heures que nous sommes partis, et l'arrivée semble encore assez loin. Le premier bateau parti de Siem Reap est aussi là et repart juste avant nous, mais il est plus rapide et nous distancie assez vite.

Elles savent bien nager ces araignées, et peuvent même aller très vite...


La suite est très nettement plus aventureuse: la rivière, qui forme maintenant un canal au-dessous du niveau de la plaine environnante, devient si étroite que nous nous demandons comment notre bateau, d'une certaine taille tout de même, va réussir à passer sans rester échoué quelque part. L'hélice est protégée du fond de la rivière par une genre de quille qui la fait parfois sortir de l'eau, mais l'inertie du bateau  permet de retrouver un peu plus de profondeur pour être de nouveau dans l'eau et nous propulser tant bien que mal. En plus, nous avons embarqué de nouveaux passagers et pas mal de marchandises lors de la précédente pause sans oublier le poids de toute l'eau qui s'infiltre!


Cela étant, le trajet est splendide: nous serpentons à travers la végétation, et ne cessons de changer de direction et de tourner dans tous les sens. A vol d'oiseau, Battambang doit être très proche, mais par la rivière, cela prend un temps fou car le pilote doit négocier chaque virage pour passer là où il y a juste assez de profondeur. Nous croisons beaucoup de pêcheurs, qui jettent leurs filets dans l'eau ou les récupèrent. Parfois, certains sont au beau milieu de la rivière et n'ont de l'eau que jusqu'aux genoux! C'est dans ces moments-là que nous voyons notre gouvernail se soulever, car il est en train de "labourer" le fond du cours d'eau!


Tout cela est donc assez impressionnant et plein de suspense quant à la capacité de notre embarcation à nous mener à bon port. Nous nous disons que tant que nous ne voyons pas le bateau qui nous précède échoué dans un coin, c'est que tout va bien. Il suffisait de  penser à cela pour que, au détour d'un virage, nous voyions ledit bateau arrêté! L'angoisse est de courte durée: ce n'est qu'une histoire d'hélice, pour changer! Une fois celle-ci remplacée avec l'aide de nos pilotes et de quelques gros coups de masse, tout le monde peut repartir sans problème. Ouf!


La croisière se poursuit ainsi pendant assez longtemps, les passages délicats sont gérés à la perfection. Après plusieurs heures, la rivière s'élargit de nouveau un peu, ce qui facilite la navigation. Il est finalement 17h lorsque nous arrivons à Battambang, après 9 heures de croisière. Inutile de dire que nous sommes bien épuisés! Il ne nous faut heureusement pas longtemps pour trouver un hôtel convenable, le Royal (20$ la nuit). Une bonne douche plus tard, nous partons au restaurant le White Rose pour reprendre quelques forces, après quoi la fatigue nous ramène rapidement au lit.